L’écologie, une science confisquée ?

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L’écologie, une science confisquée ?
Par Christian Buson, Docteur en agronomie.
Conférence donnée à Florac, en Lozère, le 6 août 2018,
Article publié dans la revue Recursos Rurais (2018) nº 14 : 93-103 IBADER: Instituto de Biodiversidade Agraria e Desenvolvemento Rural
N° de publication ISTES : 101
En hommage à Claude Monnier (1916-2018)

Résumé
Après avoir présenté les effets de l’irruption de l’écologisme dans les préoccupations de la société, nous abordons une critique de l’écologie en tant que  discipline scientifique. Nous relevons que nombre de postulats et d’hypothèses s’enchaînent sans être réellement vérifiés, au point que les certitudes sont minces et qu’une attitude plus circonspecte et précise s’appuyant sur des observations et mesures sur le terrain sont indispensables. Les erreurs au prétexte de l’écologie sont innombrables et exceptionnellement désignées comme telles. Les recommandations et contraintes qui en sont déduites reposent sur des approximations la plupart du temps fort discutables. Les travers de l’écologie politique sont également décelables dans les articles scientifiques. La nécessité d’une direction de recherche renouvelée et plus objective est abordée, de façon à ce que l’écologie basée sur les preuves se développe enfin, à l’écart des a priori et des convictions. Il est important que les décisions soient retenues en tenant compte des résultats acquis sur l’environnement réel.
« En relisant l’ouvrage, je suis surpris et peiné par le caractère modéré et courtois du ton. Je regrette de ne pas avoir su parler de quelques  outrecuidantes escroqueries, fumisteries et fourberies intellectuelles de notre époque avec moins de retenue. » Romain Gary, Pour Sganarelle, 1965.

Qu’est-ce que l’écologie ?
Ernst Haeckel avait défini en 1866, l’écologie comme «la science des relations des organismes vivants avec le monde environnant ». À l’origine,  l’écologie est une science qui cherche à étudier les interactions entre les organismes vivants et le milieu. C’était une approche nouvelle, synthèse de nombreuses sciences préexistantes. La question centrale porte sur cette synthèse et la hiérarchie entre toutes les disciplines de base, pour aborder correctement chacun des sujets. Les préoccupations écologiques ont surtout fait irruption à partir des années 1970. Elles ont complexifié de nombreux domaines.

L’écologisme : une prétention à guider nos vies
Cette approche a été jugée novatrice, si ce n’est révolutionnaire et a inspiré de nombreux mouvements politiques : ainsi est apparu ce qu’il est convenu d’appeler l’« écologie politique », autrement dit « l’écologisme ».
Plusieurs traits caractérisent ces mouvements :

  • La dramatisation et les alertes sur les dangers majeurs et les catastrophes irréversibles qui menaceraient la faune, la flore, les mers, les continents, la planète et l’espèce humaine, du fait des activités économiques jugées inconsidérées ;
  • La recherche du pouvoir et du monopole de l’information ;
  • La priorité accordée à l’environnement, à la biodiversité et à la planète, et le discrédit permanent des activités humaines, surtout celles des pays développés ;
  • L’usage d’une phraséologie radicale, voire révolutionnaire, préconisant au final un renforcement du corsetage réglementaire, débouchant sur des interdits, des taxes et des contrôles : le bien ne serait que ce qui a été écrit dans les textes réglementaires ; ceci explique l’activisme des lobbies sur la législation nationale et européenne; les nécessaires corrections et adaptations des textes réglementaires, à la lumière des connaissances, sont particulièrement laborieuses à obtenir ;
  • Implicitement, l’« écologiquement correct » ne pourrait provenir que de la puissance publique et non des acteurs privés et des citoyens ; cet arsenal législatif à la complexité croissante, réconforte et occupe nombre de juristes, alors que les citoyens, les agriculteurs et les entrepreneurs ne comprennent plus ce qu’on attend d’eux ;
  • La remise en cause et l’ignorance de la production, des filières progressivement mises en place par les sociétés humaines, et au final de l’économie de marché ;
  • La limitation de la liberté, des déplacements et de la démocratie, sous prétexte des prétendues « lois de l’écologie », dont on ignore encore à peu près tout.

Qui a énoncé « les lois de l’écologie » ? Sont-elles disponibles et vérifiées au point que toutes nos politiques devraient s’en inspirer ? Évidemment nous n’en sommes qu’aux balbutiements, et notre premier devoir consiste à ne pas les prendre pour acquises a priori, même si certains s’en font les porte-voix.

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