COMMUNIQUÉ DE PRESSE — PFAS et valorisation agricole des boues de stations d’épuration : pour une approche proportionnée et fondée scientifiquement

Le 22 juin 2026

Circulaire du 27/04/26 relative à la recherche de PFAS dans les boues issues de stations d’épuration destinées à la valorisation agricole et à la gestion des boues contenant des PFAS – TECL2611645C

La circulaire du 27 avril 2026 organise une campagne nationale de recherche des PFAS dans les boues de stations d’épuration. Elle demande aux préfets de prescrire des analyses.

Or plusieurs projets d’arrêtés préfectoraux imposent l’arrêt immédiat de toute valorisation des boues dès notification de l’arrêté tant que les résultats ne sont pas connus.

Nous regrettons la précipitation avec laquelle ces mesures sont déployées et l’absence de réflexion préalable robuste, qui peut aboutir rapidement à un blocage des filières industrielles et agricoles. Empêcher le recyclage direct (valorisation agronomique) ou indirect (méthanisation et compostage) entraînerait le seul recours à l’incinération ; or nous sommes loin de disposer d’une capacité d’incinération suffisante.

Au-delà de cette impasse logistique, ce serait aussi renoncer à une ressource agronomique. Les boues apportent de la matière organique et des éléments fertilisants, notamment de l’azote et du phosphore, directement substituables aux engrais minéraux. L’incinération volatilise l’azote, détruit la matière organique. Renoncer à la valorisation priverait l’agriculture d’un apport utile et augmenterait le recours aux engrais de synthèse, dont les coûts ne cessent d’augmenter, à rebours des objectifs d’économie circulaire.

Par ailleurs, les seuils retenus sont présentés comme provisoires et reprennent les valeurs appliquées en Wallonie. Ces valeurs ont été adoptées par les autorités wallonnes à titre temporaire, au nom du « principe de précaution », en l’absence de cadre normatif européen et dans un contexte de connaissances scientifiques encore incomplètes.

Le principe de précaution ne dispense pas de fonder les décisions publiques sur une expertise scientifique consolidée et ne saurait conduire à des blocages généralisés sans démonstration préalable de leur nécessité.

La majorité des industries et les collectivités ne sont pas à l’origine de l’utilisation ou de la fabrication de PFAS.

Nos propositions :

Nous demandons le retrait des dispositions, introduites par certains projets d’arrêtés préfectoraux, imposant l’arrêt de la valorisation des boues avant tout résultat d’analyse.

Nous demandons l’application de la circulaire telle qu’elle est écrite : lancement de la campagne de surveillance et mise en œuvre des mesures adaptées, si dépassement.

Nous demandons que les seuils définitifs ne soient établis que lorsque les connaissances scientifiques le permettront, sur la base de l’avis du Haut Conseil de la santé publique et des meilleures synthèses disponibles. Les valeurs actuelles, transitoires et précipitées, ne peuvent fonder d’interdiction définitive.

Nous restons à la disposition des industriels, des collectivités et des instances professionnelles et ministérielles pour contribuer à une sortie de crise de façon pragmatique et proportionnée.

Christian BUSON

Président du GROUPE ERG et de ses filiales GES, GESsec, MELM et ABER 2E.